Humeur

Du job de rêve au cauchemar

25 mai 2020
job rêve cauchemar

Nous avons tous une idée du job idéal, du boulot de rêve, du travail pour lequel on serait capable de se lever à six heures du matin avec le sourire et quitter son bureau dans la hâte de revenir le lendemain.

A la recherche du job idéal

J’ai eu une idée du job idéal, même plusieurs idées. Certaines se sont évaporées et d’autres sont restées dans un coin de ma tête. Mais lorsque j’ai décidé de partir à Londres, j’ai tout de suite su ce que je voulais faire.

Écrire.

Peu importe le secteur, peu importe l’industrie, je voulais être la française qui écrit pour l’entreprise britannique. La recherche a été longue, même très longue. Elle a duré plus d’un an (j’avais bien sûr entre temps trouvé un autre travail), mais le job était enfin arrivé. Du moins, c’était ce que je me forçais à croire.

L’entretien que j’ai passé pour cette entreprise – Je ne la nommerai pas. Je dirais simplement que c’est une agence de marketing dans un secteur bien spécifique, qui se situe pas trop loin de la City – avait duré environ 2h30 (j’avais déjà passé des entretiens beaucoup plus longs). En discutant avec la RH et la personne qui allait devenir mon manager, j’ai appris que ce travail serait plus basé sur la traduction que sur l’écriture.

Aïe ! Il faut savoir que même si j’adore écrire, traduire n’est pas le cas. Mais j’ai décidé de mettre ce problème de côté puisqu’il s’agissait d’un travail de version (de la langue étrangère vers la langue maternelle), la traduction que j’appréhende le moins.

J’ai ensuite passé un test de niveau qui a duré plus d’une heure et la première chose à laquelle j’ai pensé à la fin de cet entretien, était que je ne voulais pas être embauchée dans cette entreprise. Pourquoi ? Un simple ressenti. Quelque chose avait fini par me gêner dans cette boite et j’étais totalement incapable de mettre le doigt dessus. Mais une chose était sûre, je ne devais pas travailler pour cette entreprise.

Seulement à cette période-là, j’achevais ma première année à Londres et j’entamais mon quatrième mois sans travail. Je considérais donc ne pas avoir le droit de faire la fine bouche. Il fallait que je trouve un travail, c’était presque vital. Alors, après une dizaine de jours sans nouvelle, j’ai décidé de les relancer. Une fois, deux fois. On me disait à chaque fois que des entretiens supplémentaires avaient été organisés. Puis plus rien. Je n’ai plus entendu parlé de l’offre ni de l’entreprise et je dois dire que j’avais oublié que j’avais passé un entretien chez eux.

Prise de décision

Puis quelques semaines plus tard, j’ai été recontactée. On m’a demandé si j’étais toujours disponible pour travailler dans l’agence. J’avais toujours ce petit avertissement qui me disait que je ne devais pas travailler là-bas, mais j’étais tellement désespérée et abattue par toutes les portes qui s’étaient fermées, que j’avais fini par dire oui. Ça y est, j’avais un job. Je pouvais souffler.

Cependant, entre la réception de ce mail et la signature du contrat, une autre entreprise m’avait contactée pour un entretien. Le job était similaire, mais l’industrie totalement différente (la mode). Passer mon entretien pour cette deuxième entreprise a été comme une sorte de bouffée d’air frais. Je ne savais pas si j’allais être prise ou non, mais je voulais, je souhaitais, je désirais travailler là-bas. Il le fallait. Malheureusement pour moi, et comme pour beaucoup d’autres entreprises, je ne correspondais au profil qu’on recherchait. Je me suis donc rabattue sur la première entreprise, l’agence de marketing.

Une fois dans l’entreprise

Le premier jour arrive. Je suis très angoissée, très stressée. Je déteste les premiers jours parce que je ne sais pas forcément où je mets les pieds, parce que je ne connais personne, parce que je dois tout (ou presque) apprendre. Mais en général, je sais que c’est passager. Je m’adapte vite, j’apprends vite. Je ne suis pas la personne la plus sociable qui soit, mais je tente de faire un effort. Je vais donc travailler avec toutes les bonnes intentions du monde. Mais malgré ça, j’ai encore et toujours cette petite voix dans ma tête qui me dit que je ne dois pas travailler là-bas. J’hésite même à signer le contrat. Je n’ai jamais mis autant de temps pour lire et signer un contrat de travail. Plus je le lisais et plus je me disais que ça ne le ferait pas, que je ne m’y plairais pas. Mais j’avais la voix de la raison qui me disait que j’exagérais et que je ne devais pas juger un livre à sa couverture. Alors, j’ai signé et j’ai commencé à déchanter.

L’adaptation a été compliquée. Mon premier problème a été informatique. Pour des questions de pratique, on travaillait avec deux écrans d’ordinateurs et dès mon deuxième ou troisième jour, un de mes écrans a cessé de fonctionner pour une raison totalement inconnue. Je contactais la maintenance tous les matins pour dire que mon écran ne fonctionnait pas. Une fois on me disait que c’était un problème de câble, une autre fois un problème d’écran avant de me dire à nouveau que c’était un problème de câble puis encore un problème d’écran. Puis au bout de deux semaines et je ne sais combien d’heures perdues, mon PC a été reconfiguré et a enfin fonctionné.

Entre temps, mon angoisse et mon stress n’avait cessé d’augmenter et impactait mon travail. On avait beau me dire que je ne devais pas hésiter à poser des questions, quand je le faisais, je sentais clairement que je dérangeais. Je me disais alors que je ne posais pas les bonnes questions aux bonnes personnes.

Toutes les tâches qu’il y avait à faire étaient toutes urgentes et prioritaires, de quoi mettre la pression. J’ai toujours pensé que la pression pouvait être quelque chose très stimulant, qui nous permettait de nous dépasser. Sauf que là, cela avait plutôt été le contraire pour moi. Plus on me disait que les tâches à faire étaient urgentes, plus j’angoissais. Plus j’angoissais, plus je faisais des erreurs. Plus je faisais des erreurs, plus on me tombait dessus et plus on me tombait dessus, plus j’angoissais à l’idée de faire des erreurs… C’était un véritable cercle vicieux. En plus de ça, il y avait des erreurs techniques que je faisais parce qu’il y avait des informations qu’on ne me disait pas et que je ne pouvais pas savoir si on ne me les disait pas. Mais ça n’empêchait pas certains collègues (que je ne voyais jamais et avec qui je communiquais uniquement par skype) de me tomber dessus en me faisant comprendre que j’étais censée savoir. Et de mon côté, je ne disais pas que je n’étais pas censée savoir. Je gardais donc cela au fond de moi et encaissais les reproches en me disant que je ferais attention la fois d’après, que c’était de ma faute, que j’étais nulle et que je devais faire un effort.

Un premier bilan avait été fait sur mes débuts dans l’entreprise et j’avais parlé de ce que je vivais et ressentais. Mon manager avait semblé être compréhensif lors de cet entretien. Mais ça n’avait duré que le temps de la réunion. Une fois que le bilan avait été fait, c’était comme si rien ne s’était passé. À force d’angoisser, de continuer mes erreurs dues à cette angoisse et d’encaisser les reproches et la mauvaise foi de certains collègues, j’ai fini par me demander ce qui clochait chez moi.

L’angoisse logée au fond de mon estomac ne faisait que s’accroître au fil des jours et des semaines. Allez au travail devenait une corvée. Mon cœur faisait des loupés à l’idée de préparer mes vêtements la veille pour le lendemain, mes jambes me soutenaient à peine sur le chemin du travail et une douleur se logeait au niveau de mon cœur. Je sortais prendre l’air toutes les deux heures tant l’atmosphère était irrespirable dans l’open space et surtout, je me demandais à chaque heure de la journée à quelle sauce j’allais être mangée et quel reproche j’allais encore recevoir sur skype.

Prise pour une idiote ?

Il y a quand même une expérience qui m’a intriguée. La collègue avec qui je travaillais en binôme avait pris quelques jours de congés, peu de temps après mon arrivée. On avait pour habitude de se répartir les tâches à faire pour la journée et les jours à suivre. En regardant le planning de cette semaine-là, je me suis rendu compte qu’il y avait énormément de tâches à accomplir et que je n’étais pas certaine de pouvoir les finir en temps et en heure. Mais l’autre problème dont j’ai dû faire face était informatique, une fois de plus. En effet avec l’absence de la binôme et les tâches supplémentaires à faire, j’ai réalisé qu’il y avait énormément de logiciels auxquels je n’avais pas eu accès, dont je ne connaissais pas l’existence et qui m’empêchaient de faire un travail correct. Avoir accès à ces logiciels m’avait fait perdre le peu de temps que je possédais puisque toutes les tâches étaient « urgentes » et « prioritaires ». Mais en plus de ça, j’avais également réalisé que les tâches à faire sur les dits-logiciels, étaient des toutes petites tâches qui ne duraient pas plus de cinq minutes. C’était des tâches que je ne comprenais pas au début de mon intégration et pour lesquelles je demandais des explications et de l’aide. Mais ma binôme avait pour habitude de les faire en me disant la plupart du temps « Laisse, je vais m’en occuper », et de me laisser faire les autres tâches, plus longues, plus fatigantes et pour lesquelles les erreurs étaient beaucoup plus fréquentes. Et quand je demandais de l’aide à quelqu’un d’autre, on disait qu’on ne pouvait pas m’aider.

J’étais malgré tout plutôt contente de moi parce que j’avais réussi à faire le nombre de tâches qui avait été imposé sur les trois jours où ma binôme n’était pas là, sans aucune remarque de personne.

Mais ça n’avait pas duré. Elle était revenue, les remarques des autres avec et l’angoisse aussi.

Alors que j’avais pensé pouvoir me faire à cette entreprise, je me suis rendu compte que ce n’était pas vivable et que je devais partir de cet endroit. Mais la raison me disait encore et toujours que j’exagérais, que je devais faire un effort et que les reproches qu’on me faisait étaient entièrement mérités.

Le déclic

Puis la crise d’angoisse est arrivée. Un mercredi matin, en allant au travail. Je l’ai senti venir, je l’ai senti s’emparer de moi et j’ai compris que je ne pourrais pas aller travailler. Je me souviens être précipitamment sortie de la station de Westminster pour pleurer, parce que l’idée même d’aller prendre ma correspondance me tétanisait. Ce jour-là, j’ai décidé que je ne continuerais pas à bosser là-bas. Je suis rentrée chez moi et j’ai rédigé une lettre de démission que j’ai donné dans l’après-midi, une fois remise de ma crise.

Avant même de faire part de ma démission, j’ai expliqué à nouveau ce qui n’allait pas de mon côté et les raisons pour lesquelles je continuai de faire des erreurs (qui étaient bien moins importantes qu’au départ). Lors de cette discussion, mon manager m’a dit une fois de plus qu’il comprenait, que ça faisait des années qu’il travaillait là et que je n’étais pas la première personne qu’il voyait réagir de cette manière et qui décidait de partir.

À ce moment-là, j’ai eu une sorte d’absence. J’ai longtemps pensé que le problème venait de moi (et je le pense toujours d’ailleurs), mais si d’autres employés ont été dans le même état que moi, ont vécu la même chose que moi, ça voulait aussi dire qu’il y avait un souci au sein même de l’agence. Ce constat ne m’a pas rassuré ou consolé, mais il faisait plutôt écho à ce que mes amies et ma famille me disaient quand je leur racontais ce qui se passait : il y a quelque chose qui cloche dans cette entreprise.

Il était stipulé dans le fameux contrat que j’avais eu du mal à signer que le préavis minimum était de deux semaines lorsqu’on venait d’être embauché (car effectivement, je suis partie avant la fin de ma période d’essai). En donnant ma démission, j’ai remarqué, que mes angoisses s’en allaient un peu. Elles n’ont pas disparu du jour au lendemain, loin de là, mais mes douleurs dans la poitrine étaient moins fréquentes et l’air était devenu plus respirable. La chose à laquelle je ne m’étais pas attendue, fut la convocation chez la DRH une semaine plus tard pour me dire que je n’avais pas besoin de faire mes deux semaines de préavis et que je devais rendre mon badge immédiatement et partir…

J’ai été tellement abasourdie sur le moment que j’ai rendu le badge et que je suis partie sans un mot, tirant un trait sur cette agence de marketing. Et c’est après cette expérience ratée, qui suivait un nombre assez important d’échec d’entretien, que j’ai décidé de rentrer en France.

Il n’y pas de morale à cette histoire. Comme pour l’article sur l’échec de mon expatriation à Londres (dont je n’ai pour l’instant posté que la première partie), j’avais besoin d’exorciser cette expérience que j’aimerais oublier et pour laquelle je continue encore de me blâmer. Je m’en veux d’avoir accepté l’offre parce que ce travail m’a rendu malade d’angoisse et je m’en veux d’avoir démissionné, parce que c’est un signe de faiblesse, d’abandon et d’échec. Je m’en veux de ne pas avoir été assez solide pour supporter ce travail qui sur le papier avait tout (ou presque) pour me plaire.

Et vous ? Vous est-il déjà arrivé de vous sentir tellement mal dans votre entreprise, que vous êtes partis avant la fin de la période d’essai ?

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14 Commentaires

  • 3kleinegrenouilles@gmail.com'
    Répondre 3 kleine grenouilles 25 mai 2020 at 9 h 39 min

    Cette expérience a dû être vraiment douloureuse pour toi, c’est ce que je ressens par ton article. Je suis partie à trois reprises avant la fin de ma période d’essai mais c’était pour des jobs étudiants et il n’y avait donc pas grand enjeu puisqu’il s’agissait seulement d’un complément financier à ma bourse d’Etat. Mais clairement, dans ces jobs, la responsable n’était pas correcte ni respectueuse. Comment j’aurais réagi si j’avais vraiment eu besoin de cet emploi ? Je ne sais pas.
    L’entreprise où tu as travaillé n’a jamais montré la moindre correction envers toi, ni la volonté de t’intégrer. Je travaille en Allemagne, je suis la seule à ne pas être allemande et certains collègues ont eu (ont toujours) beaucoup de mal à comprendre que certaines choses n’étaient pas faciles ou logiques pour moi ou que je les faisais différemment parce que j’avais appris à les faire différemment. On m’a beaucoup reproché au départ d’être trop française… pourtant j’avais été recrutée aussi parce que j’étais française. Mais il y a eu une vraie volonté de m’aider de la part d’une partie de l’équipe.
    Tu n’as malheureusement pas eu cette chance. Personne ne t’aidait et ne réagissait à tes questions et tes difficultés.
    Ne sois pas trop sévère avec toi ! Tu n’as jamais été mise dans les conditions de réussir et de survivre et de travailler quatre mois dans cette ambiance est déjà un exploit
    Bonne journée !

    • Répondre Priscilla 26 mai 2020 at 17 h 49 min

      Oui, c’est vrai que c’était dur et quand j’y repense par moment ça reste douloureux. Mais en même temps, je me dis que je n’avais pas le choix. La crise d’angoisse que j’ai eue, était vraiment le signe que je devais partir.
      J’étais dans une agence avec tout plein de nationalités. Ma binôme était francophone, mon responsable espagnol… Mon service était l’Europe en miniature, mais les reproches venaient principalement des francophones.
      En effet je ne me sentais pas franchement aider et on me demandait même parfois quand j’allais arrêter mes angoisses, lorsque j’expliquais ce qui n’allait pas. Je répondais que je ne savais pas, ce qui était vrai. Mais en réalité, cela a été (un peu) mieux lorsque je suis définitivement partie.
      Merci pour ton commentaire et ton soutien 🙂

  • lavienmots@gmail.com'
    Répondre Morgane 25 mai 2020 at 10 h 25 min

    En lisant ton article et en ayant lu le précédent sur ton « échec d’expatriation », je peux sincèrement comprendre pourquoi tu as décidé de rentrer chez toi… Quoi qu’on en dise, le travail représente plus de la moitié de notre vie, c’est là que nous passons le plus de temps en semaine donc si tu ne t’y sens pas bien, tu ne te sentiras pas bien chez toi non plus 🙁 Mais personnellement, je pense que j’aurais fait comme toi et que j’aurais signé le contrat à contre-coeur dans le « désespoir » de ne rien trouver d’autre. Je pense que ce que tu as fait était tout à fait humain et beaucoup auraient fait comme toi !

    • Répondre Priscilla 26 mai 2020 at 17 h 53 min

      Tu expliques tout à fait mon ressenti. Ce travail était ma bouée de sauvetage qui me permettait de me raccrocher cet idéal que j’avais de ma vie à Londres. Mais une fois que ça s’est effondré, je ne voyais plus l’interêt de rester.
      Merci pour ton commentaire 🙂

  • seirazblog@gmail.com'
    Répondre Seiraz 25 mai 2020 at 12 h 54 min

    Bonjour, je viens de lire ton article et je te comprend. J’ai travaillé 3 mois dans une entreprise et ca a été le pire choux de ma vie ! Harcèlement morale, pas de contrat signé pendant 2 mois, mensonge sur le contrat, heures supplémentaire non payé, une responsable de l’enfer, l’hypocrisie de certain collègue… bref à chaque fois que j’allais au travail j’avais des migraines, mal à la tete, je n’en pouvais plus et au bout de 3 mois(je voulais deja partir mais comme on m’a menti sur mon contrat, il s’avère que ma responsable a voulu mettre fin au bout de 3 mois, en gros elle m’a virer sans me virer). Depuis ce jour, je me suis promis de ne plus jamais travailler dans une entreprise où ma santé en prendrais un coup.

    • Répondre Priscilla 26 mai 2020 at 17 h 57 min

      C’est un véritable enfer quand on vit ça. On ne sait pas quoi faire et on ne sait pas vers qui se tourner. La chance dans mon malheur était que le contrat, même s’il ne me plaisait pas, restait tout de même assez clair. Ma porte de sortie était la « résignation from probation » : la démission/rupture de la période d’essai. Mais dans ton cas, c’était encore plus compliqué.
      Je me suis faite la même promesse que toi. Ne jamais travailler dans un endroit qui porterait atteinte à ma santé physique et surtout mentale.

  • sans_draps@orange.fr'
    Répondre Sandra 25 mai 2020 at 14 h 58 min

    C’est dingue quand même de vivre ça ! Ce que je trouve horrible dans ce genre d’histoire, c’est que malgré les signaux personne n’intervient et des fois ca peut devenir trés grave. Et ton cas l’est aussi : tu t’es rendue malade, personne ne devrait subir ca. Ca m’ai rarement arrivé, mais j’ai de bonnes intuitions en général, et maintenant je décide de les écouter.
    Des fois on a pas le choix, on a des dilemmes et c’est plus compliqué que ça mais j’essaie de garder ca en tête. Bravo pour le courage d’avoir pris les choses en main, d’en parler.

    • Répondre Priscilla 26 mai 2020 at 18 h 03 min

      Parfois les gens sont tellement le nez dans leur travail qu’ils ne voient pas forcément ce qui se passe autour. Pour ma part, il m’arrivait de regarder autour de moi et de me dire « Mais personne ne trouve anormal ce qu’on est en train de faire ? »
      Des personnes ont vu que mes angoisses étaient handicapantes et on me demandait simplement quand j’allais arrêter d’angoisser et de stresser et non pas pourquoi j’angoissais.
      On m’a justement dit que j’aurais dû écouter mon intuition, car dès départ je ne sentais pas cette boite. Mais les choses sont plus complexes et il faut faire des choix qui ne nous plaisent pas forcément.
      Merci pour ton commentaire.

  • camille@travailenquestions.fr'
    Répondre Camille 25 mai 2020 at 16 h 45 min

    Salut Priscilla,

    Ton témoignage a fait écho en moi. Je ne suis jamais partie avant la fin d’une période d’essai mais j’y ai pensé une fois, pour un boulot qui s’est soldé par un burn out alors que j’aurais peut-être mieux fait d’avoir le courage de partir au moment où je pressentais que quelque chose ne me convenait pas. Mais bon, comme toi, sur le papier c’était le job de rêve. Celui que j’attendais après avoir enchaîné des boulots qui ne me plaisaient pas vraiment. Alors j’ai essayé de me convaincre, comme tu le disais, qu’il ne fallait pas juger un livre à sa couverture. Qu’il fallait que je sois patiente. Que ce n’était que le début. J’ai très vite constaté des dysfonctionnements, on faisait également tout dans l’urgence et l’ambiance était au mieux froide (turnover élevé et personnes désabusées qui ne faisaient plus d’efforts pour parler aux « nouveaux·elles » qui de toute manière ne resteraient sûrement pas) au pire stressante voire hostile. Et comme toi j’ai dû faire face à pleins de problèmes techniques dont tout le monde se foutait (« ils sont nuls au service informatique, » « tu peux toujours demander mais si j’étais pas toi je compterai pas trop dessus »…) et à un chacun·e pour soi. Et lorsque j’ai fini par craquer et alors que je n’avais pas pu poser un jour de congé en 6 mois car on était « trop sous l’eau », le RH m’a dit que je pouvais démissionner et partir le jour même sans préavis. On n’était donc pas si « sous l’eau » que ça finalement ? J’ai fini en arrêt maladie et j’ai refusé de démissionner tandis qu’eux refusaient de signer une rupture à l’amiable. Aujourd’hui avec le recul je me dis parfois que je me serais sentie moins mal si j’avais eu le courage de démissionner et donc si j’avais eu une certaine forme de « contrôle » sur la situation même si je n’étais clairement pas en état de pouvoir retrouver un boulot à ce moment là. Quand tu dis que tu as ressentis le fait de démissionner comme un signe de faiblesse, d’abandon et d’échec, je ressens pour ma part tout le contraire à ton geste : force, courage et détermination.

    • Répondre Priscilla 26 mai 2020 at 18 h 13 min

      Je compatis vraiment Camille.
      Il y a des entreprises qui sont parfois de véritables rouleaux compresseurs et qui sont là uniquement pour faire du chiffre en broyant toute humanité chez ses employés. C’était clairement le cas de ton entreprise. Le mienne tentait parfois d’avoir un côté « super cool / digital friendly » mais c’était surfait et assez hypocrite.
      Mais ils ont été monstrueux jusqu’au bout en voulant de forcer à démissionner alors qu’une rupture conventionnelle est tellement mieux pour tout le monde.
      J’espère en tout cas que tout va mieux pour toi 🙂
      Merci beaucoup pour ton commentaire et ton partage d’expérience.

  • amtisstory@gmail.com'
    Répondre Amtiss 25 mai 2020 at 21 h 26 min

    Hello Priscilla, tout d’abord bravo pour cet article plein de sincérité, j’imagine que ça n’a pas dû être facile de se remémorer tous ces moments. Je pense qu’il faut toujours tirer du positif même de nos mauvaises expériences. La leçon que j’en retire est qu’il est important d’écouter son instinct et le tien ne t’avait visiblement pas trompée. Je crois aussi que savoir dire stop à une situation toxique n’est pas un signe de faiblesse, bien au contraire : c’est très courageux. Belle continuation à toi

    • Répondre Priscilla 26 mai 2020 at 18 h 18 min

      Hello, hello!
      Non en effet, ça n’a pas été facile de se souvenir de tout ça. J’ai d’ailleurs des moments que j’avais oublié qui reviennent depuis l’écriture de cet article.
      Il est vrai que j’aurais dû écouter mon intuition, ça m’aurait causé moins de souci. J’y fais plus attention maintenant. On m’a également dit qu’à défaut d’écouter mon intuition, j’ai fait fonctionner « mon instinct de survie » en pliant bagage, pour justement m’éloigner de cet endroit toxique pour moi.
      Merci pour ton commentaire.

  • esflorinda@hotmail.fr'
    Répondre Floriane 29 mai 2020 at 18 h 24 min

    Bonjour Priscilla,
    Je connais aussi ce sentiment de malaise. Je dirais que vous avez peut-être échappé au pire finalement… Vous dites que vous auriez dû écouter votre intuition, mais vous l’avez fait. Parfois on a besoin de vérifier. C’est dans la nature humaine. j’ai tendance à écouter mon instinct aussi. Il se trompe rarement. Et souvent, ça laisse place à mieux. J’espère que votre expérience professionnelle s’est améliorée depuis !

    Floriane

    • Répondre Priscilla 30 mai 2020 at 18 h 38 min

      Bonjour Floriane !
      Je pense aussi avoir échappé au pire, mais à ce moment-là je pensais déjà le vivre. J’ai écouté mon intuition beaucoup trop tard. J’ai voulu croire au bénéfice du doute. Les choses s’améliorent petit à petit avec le temps.
      Merci pour votre commentaire.

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